Machine de caractère cynétique conçu
et réalisée par Brion Gysin à la suite d'une vision
survenue en
1958 :
"J'ai connu un orage de visions colorées ce jour même dans
l'autocar qui allait à marseille. Nous
traversions une longue avenue bordée d'arbres et je fermais les
yeux contre le soleil levant. Un
flot submergeant de motifs intensement brillants aux couleurs surnaturelles
explosa derrière mes
paupières : Un kaleidoscope mutli-dimentionnel tourbillonnant dans
l'espace. Je fus emporté hors
du temps. Je me retrouvai dans un monde infini..."(Brion Gysin)
Mise au point en 1960 par le mathematicien Ian Sommerville,
la Dreammachine est décrite à
plusieurs reprise par Burroughs qui l'experimente très
longuement :
" La Dreammachine...est constituée d'un cylindre ajouré qui
tourne autour d'une lumière de
manière à produire un "clignotement" stoboscopique sur les
paupières fermées du spectateur. Le
"clignotement", par un nombre determiné de pulsations à la
seconde, produit des changements
radicaux sur les rythmes alpha ou rythme de perception du cerveau. Le sujet
voit alors des
lumières fulgurantes d'un éclat et d'une couleur surnaturels,
d'une magnificience et d'une
complexité de structure croissante tant que durent les stimulations.
Quand le "clignotement" est
synchronisé avec les pulsations du sujet, ce dernier voit des zones
croissantes de dessins
brillemment colorés qui se déploient à travers tout
le champ visuel : 360 degrés d'une vision
hallucinatoire dans laquelle apparaissent des constellations d'images...Des
constructions
géometriques d'une incroyable complexité sont engendrées
à partir d'une mosaique
multidimentionnelle en de vivante boules de feu comme les mandalas dy mysticisme
oriental ou
bien se résolvent momentanément en image apparemment individuelles
et en scènes d'une
grande force dramatique comme des rêves de couleurs vives." ( William
Burroughs )
Reposant sur les théories de Gray Walter, auteur
de "The Living Brain", où il expose le
fonctionnement des ondes cérébrales, la
Dreammachine est plus une machine à produire des images
qu'un instrument fait pour créer un espace pictural
infini. pour Gysin, la Dreammachine permet "une
meilleur connaissance de soi. Tout ce que vous voyez
est en vous. Et aussi la découverte d'un langage
dont l'alphabet serait constitué par des couleurs.
C'est pour cette raison que William Burroughs a fait
dans "la Machine Molle" ("The Soft Machine" ) des etudes
sur le rouge, le bleu, le vert, etc. c'est aussi
la mise en evidence d'un univers répétitif
ou se retrouvent toutes les matières de tous les peintres du
monde. Elles figurent là, sur des étendues
incommensurables. on voit sans fin des Delauney et des
Vasarely, toute les oeuvres de ceux qui ont trempés
dans ce genres de répétitions. En sommes c'est
l'abolition totale de la toile, de l'oeuvre d'art en
temps qu'objet tangible, c'est la confrontation direct
avec son propre monde cérébral, qui s'exprime
à travers des formes illimitées. A partir de là le
spectateur peut pénetrer dans un immense reservoir
psychique ( le sien ) qui est sans cesse modifié par
des impulsions exterieures."